Plus il y a de tombes d’enfants « découvertes » aux sites d’anciens pensionnats autochtones en C.-B., plus il y a d’églises catholiques centenaires qui sont victimes d’incendies criminels. Et chacune est liée aux prêtres Oblats francophones qui ont desservi les Premières Nations de la province.

Vers 4 heures du matin le 26 juin, l’église Chopaka Lady of Lourdes dans la réserve de la Bande Lower Similkameen, près de Hedley, fut détruite par le feu. Pendant la même nuit, l’église St. Ann dans la réserve de la Bande Upper Similkameen, près de Princeton, fut aussi incendiée.

Une semaine plus tôt, le 21 juin, les églises catholiques St. Gregory dans les terres de la Bande Osoyoos et Sacred Heart dans celle de la Bande Penticton, situées toutes deux dans le sud de l’Okanagan, furent aussi dévastées par les flammes pendant la même nuit. L’église anglicane St. Paul’s près de Smithers fut aussi endommagée par un incendie.

Les conseils de ces bandes soulignent que ces églises comptaient toujours bon nombre de fidèles dans les bandes respectives. Ils disent ne pas en croire leurs yeux et être enragés par cette destruction qui ouvre de nouvelles plaies dans le parcours religieux et culturel des leurs.

Le 30 juin, ce fut au tour de l’impressionnante église de Morinville près d’Edmonton à succomber aux flames.

Les quatre églises catholiques en C.-B. sont des contructions de bois, de taille et de décoration modestes, érigées pour accommoder les messes célébrées périodiquement par des prêtres Oblats circulant à travers l’énorme diocèse catholique des années 1890 aux années 1910.

Ces actes de vandalisme, plusieurs blâmés sur « d’autres » que sur la communauté visée, ont un impact autant sur la communauté européenne que sur les Premières Nations. Ce sont des actions de vengeance probablement perpétrés pour effacer de la carte les vestiges d’une Église qui a imposé des violences envers les Première Nations sur plus de 100 ans et dont les restes humains progressivement mis à découvert engendrent chez certains une soif de destruction.

Pour les Européens colonisateurs de la province, ces édifices demeurent de jolies immeubles phares dans le paysage rural, mais témoins d’une histoire problématique. Ils demeurent néanmoins des sites historiques et architecturaux à préserver. Bon nombre des Premières Nations touchées par ces incendies avaient d’ailleurs pris la décision de les conserver et de les restaurer, même dans le contexte complexe de leurs liens avec les faits historiques qu’elles représentent.

Tout cela indique que ces immeubles, qui ne sont certainement pas les premiers à être mis au feu dans le contexte de la présence catholique dans la province, ne seront pas les derniers. Les nuits tranquilles des réserves ont souvent vu la destruction par les flammes des pensionnats autochtones. Maintenant, les églises deviennent la proie de ces réactions viscérales aux réalités évoquées par les restes des enfants autochtones qui surgissent partout au pays. Tous y perdent.

L’église catholique Chopaka Lady of Lourdes, construite en 1896 au village autochtone de Chopaka. (Locations Hub, 30 juin 2021, https://rs.locationshub.com/Home/LocationDetail?rsLocationId=081-10100622)