COMTE DE LAPÉROUSE

VOYAGES PRÉALABLES DANS LES TERRITOIRES QUI DEVIENDRONT TERRES CANADIENNES

Siège de Louisbourg, 1758

Pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763), qui oppose en deux camps presque toutes les nations d’Europe, la France est à nouveau ennemie de la Grande-Bretagne. Les agressions s’étendent jusque dans leurs territoires respectifs en sol nord-américain.

Construite en 1713 par les Français sur l’île Royale (aujourd’hui l’île du Cap-Breton), la forteresse de Louisbourg, joyau de l’empreinte française en Amérique du Nord, visait à y protéger ses intérêts dans la pêche et la colonisation. À compter du 8 juin 1758, la forteresse est mise au siège par la marine anglaise, dont les forces dépassent de loin celles des Français. Lapérouse combat à bord de l’un des navires de l’escadre française.

Le 26 juillet 1758, Louisbourg capitule et les Anglais entament sa démolition. La perte à la France de ce lieu stratégique sonne le glas du Canada français. La ville de Québec tombe l’année suivante, et Montréal, en 1760.

Bataille de Louisbourg et de la Spanish Bay, 1781

Pendant la Guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique (1775-1783), la France, très affaiblie par la Guerre de Sept Ans, appuie en revanche les États-Unis dans cette lutte contre la Grande-Bretagne, visant en même temps à éroder l’influence de cette dernière dans le continent nord-américain.

Combat naval à la hauteur de Louisbourg, tableau par Auguste-Louis de Rossel de Cercy, 1781

Le 21 juillet 1781, Lapérouse, capitaine de L’Astrée et Louis-René Levassor, Comte de Latouche-Tréville, capitaine de L’Hermione, engagent cinq navires britanniques dans cette baie au large de la future île du Cap-Breton. La France, appuyant les Américains effectue des sorties visant à entraver le commerce anglais sur la côte. Les navires français, beaucoup plus rapides, imposent une déroute en pleine nuit aux Anglais, mais en ressortent tout de même endommagés.

Campagne de la Baie d’Hudson, 1782

Après avoir participé à des batailles connexes dans les Antilles, Lapérouse est chargé de la destruction de forts de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson situés sur les berges de la baie même. Le 17 juillet 1782, il entre dans le détroit d’Hudson, et atteint le fort Prince-de-Galles (Prince of Wales Fort) le 8 août, où le commandant Samuel Hearne rend immédiatement les armes. Le fort brûlé et les prisonniers embarqués, Lapérouse répète ensuite ce périple au fort Bourbon (plus tard York Factory).


Le fort assiégé et pris par le français en 1697. Par M. de Bacqueville de La Potherie.

Publié en 1722 puis en 1753.

Bien que perçu comme un succès de la France, la campagne coûteuse de Lapérouse dans la baie d’Hudson a eu peu d’influence sur le déroulement de la Guerre d’indépendance des É.-U., s’étant produite trop tard dans son déroulement. Toutefois, elle claironne les capacités de Lapérouse et établit les bases de son voyage prochain autour du monde.

À la fin de cette guerre, l’armée anglaise commandée par le Lieutenant général Charles Cornwallis est battue et capitule le 19 octobre 1781 lors de la bataille décisive de Yorktown, en Virginie. La France avait envoyé environ 150 navires et 15 000 soldats pour renforcer les troupes du Général Washington.